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Honoré de Balzac


– C’est dans cette ville où l’on fait du marasquin, dit Schinner en paraissant chercher un nom. – Zara (Zadar) ! dit Georges. J’y suis allé, c’est sûr la côte.

 

 

La liqueur Maraschino fabriquée à base de marasquin est l’une des liqueurs les plus célèbres de Croatie. Elle fait la fierté de la Dalmatie du Nord et en particulier de la région de Zadar.

 

Le marasquin est une liqueur authentique de la région de Zadar et dont la recette de base a été écrite au début du 16e siècle, au couvent dominicain de Zadar. La première version de cette liqueur, appelée alors « Rosolj » (des mots Ros solis = rosée du soleil) a été préparée par les apothicaires du couvent qui l’ont plus tard appelée MARASCHINO, car obtenue à partir de l’essence des fruits bien mûrs de la cerise dalmate appelée marasque, et aussi des feuilles de ses jeunes branches.

 

La croyance populaire dans la région de Zadar est que le marasquin est le symbole de la sagesse économique, de l’expérience de longues années, du labeur et de l’amour des paysans dalmates envers leur terroir.

 

Très vite, cet alcool était sur la table toutes les têtes couronnées. Des galants tels Casanova, des chefs d’armée tels Napoléon, des classiques du cinéma ou de la littérature tels Hitchcock, tous y ont goûté ; les passagers du légendaire Titanic en ont bu eux aussi, lors de sa première et dernière traversée, et Honoré de Balzac en a parlé dans son roman « Un début dans la vie » de 1842.

 

Une liqueur que le nombre de touristes ont goûtée, alors pourquoi pas vous ?

 

 

Honoré de Balzac ~ Un début dans la vie

 

 

En entendant le mot propre, le comte, que Napoléon avait envoyé jadis dans les Provinces Illyriennes, tourna la tête, tant il en fut étonné.

 

– C’est dans cette ville où l’on fait du marasquin, dit Schinner en paraissant chercher un nom.

 

– Zara  (Zadar) ! dit Georges. J’y suis allé, c’est sûr la côte.

 

...

 

– Zara est, comme on dit, une vilenie…

 

– Oui, dit Georges, mais elle est fortifiée.

 

– Parbleu ! dit Schinner, les fortifications sont pour beaucoup dans mon aventure. A Zara, il se trouve beaucoup d’apothicaires, je me loge chez l’un d’eux. Dans les pays étrangers, tout le monde a pour principal métier de louer en garni, l’autre métier est un accessoire. Le soir, je me mets à mon balcon après avoir changé de linge. Or, sur le balcon d’en face, j’aperçois une femme, oh ! mais une femme une Grecque, c’est tout dire, la plus belle créature de toute la ville : des yeux tendus en amande, des paupières qui se dépliaient comme des jalousies, et des cils comme des pinceaux ; un visage d’un ovale à rendre fou Raphaël, un teint d’un coloris délicieux, les teintes bien fondues, veloutées… des mains…